Reprise en partie sur le blog des Echos suite au 2ème Data Tuesday de décembre 2011, voici l’intervention d’OpenDataSoft, qui livrait l’introduction de son manifeste sur l’open data (à suivre d’autres partie dans les prochaines semaines).

“Open Démocratie, Open Services, Open Innovation: l’open data va bouleverser le mode de  gouvernance des organisations. Quelles en sont les enjeux ? Quelles sont les bonnes pratiques ?”

L’open data est un mouvement de fond, aussi important que les réseaux sociaux et proche des initiatives de créations collaboratives telle la Wikipedia. Il s’attache cependant à un type particulier de contenus: les données, souvent “brutes” et relatives à un événement (donnée comptable, chiffre de recensement, mesure environnementale, horaire …), parfois “raffinées” (caractéristiques d’un bien culturel, mesure d’opinion sur une marque …). Son autre spécificité réside dans l’ouverture de données, créées, collectées et gérées dans un contexte spécifique, sans présupposer de la réutilisation qui en sera faite par ailleurs (autres contextes, autres ré-utilisateurs).

L’open data remet ainsi en cause certaines notions que l’on croyait bien établies :

– propriété et publicité sur les données: le citoyen, le consommateur, le collaborateur réclament l’accès aux données comme un retour légitime d’information sur les missions de gouvernance déléguées aux représentants de la collectivité ou de l’entreprise; en ricochet, la collectivité locale, l’entreprise réclament la même chose aux organisations qui opèrent des services pour leur compte (service d’intérêt général sur un territoire e.g. transports, énergie, santé …, fournisseurs, partenaires etc.)

– modèles d’innovation: les approches traditionnelles qui privilégient les notions de processus, de confidentialité et d’exclusivité aux principes de partage des idées et de la valeur ajoutée sont bousculées du fait de leur manque d’efficacité dans des économies et sociétés globalisées.

D’où vient un tel phénomène? Il semblerait que ce ne soit que la simple continuité de l’avénement des préceptes d’internet, d’une vision proche ici de ce que Tim Berners Lee, « l’inventeur du web », appelait de ses vœux, le “web des données”, le passage à un nouveau modèle dans les échanges d’informations: de la centralisation à la co-création, des échanges exclusifs aux échanges en réseaux, d’un modèle basé sur la demande à un modèle basé sur l’offre.

Ainsi, chaque donnée libérée se propage à travers les multiples hubs open data (les portails open data des organisations, et bientôt des individus) qui s’interconnectent facilement et alimentent le web en data-carburant, énergie renouvelable que nous produisons, volontairement (données budgétaires, mesures environnementales, statistiques, relevés d’incidents …) ou involontairement (informations laissées par l’usage d’une équipement, personnel ou collectif comme les transports, les appareils mobiles …).

L’open data tendrait donc à redonner la main aux citoyens, aux consommateurs, aux collaborateurs d’entreprise, … en libérant le matériau nécessaire au sens critique, à l’émergence d’idées, à la prise d’initiatives, à la créativité. L’open data donnerait aussi du sens aux données qui transitent via les objets, désormais tous communicants … est-ce la voie qui mènera de l’internet des objets au web des objets pour reprendre l’expression de Hubert Guillaud suite à la conférence de Vlad Trifa?

L’open data est le vent de l’innovation, pour la démocratie, pour les services au public, pour la croissance des entreprises.

Quelques premiers conseils pour libérer vos données et concevoir votre portail d’open services.

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